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Montbretia Securigera - The Liliaceae
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Montbretia Securigera

Montbrétie Porte-Hache

Montbrétie Porte-Hache

Plate 53 · p.53 · 1802 · The Liliaceae · · 1802-1816 · Yellow

About this plate

Montbretia

Character genericus

Spatha diphylla, seariosa. Corolla monopetala, supera, infundibuliformis, sexfida; auricula tres, callosse, sessiles, perpendiculares, in laciniarum trium inferiorum pagina supera solitaria. Stamina tria, libera, imo tubo inserta. Stylus unieus. Stigmata tria gracilia. Capsula trilocularis. Decand. Bull. Philom. n. 8o.

Observations

Ce genre diffère du Glayeul par la présence de trois oreillettes calleuses, perpendiculaires sur la surface interne des trois lanières inférieures de la co-rolle. Cet organe, qu’on ne retrouve dans aucune autre plante de la famille des Iridées, me semble assex singolier et assez important pour nécessiter la formation d’un nouveau genre; cette innovation parait encore autorisée par le nombre considérable des espèces qui composent le genre Glayeul. Quelle est la nature de ces oreillettes calleuses? Un botaniste, justement célèbre par la sagacité de ses observations et l’étendue de ses connaissances, a soupconné qu’elles sont peut-être des étamines avortées: cette idée semble confirmée par le nombre remarquable d’étamines avortées quon observe dans plusieurs plantes qui appartiennent à des familles voisines, telles que les Balisiers et les Bananiers: je n’hésiterais pas à l’admettre, si les trois étamines des Montbréties étaient insérées A la base des trois lanières qui ne portent pas d’oreillettes, mais il en est tout autrement: ici, comme dans toutes les Liliacées à trois étamines, les organes males naissent devant les lanières extérieures de la co-rolle: en sorte que, dans la Montbrétie, deux des étamines naissent sur des lanières sans oreillette, et la troisième nait à la base de la lanière qui porte Toreillette intermédiaire: et c’est la même nervure longitudinale qui porte d sa base l’étamine, et, vers le milieu de sa longueur, l’oreillette calleuse; je pense donc, d’après cette observation, que ces nectaires particuliers aus Mont-bréties n’ont aucun rapport avec la nature des étamines, et sont plutöt des protubérances de la corolle.

J’ai consacré ce genre à la mémoire de mon malheureux ami Antoine-François-Ernest Coquebert-Montbret, jeune botaniste distiogué par son zèle et ses connaissances, membre de la Commission des Arts attachée à l’expédition d’Egypte, et que la peste a enlevé aux sciences au moment où nous allions jouir du fruit de ses travaux, le jour même où ses compagnons de voyage s’embarquaient pour revenir en France.


Description

La Montbrétie porte-hache a quelque analogie par son port avec lIxia sa-fran, mais elle se rapproche des Glayeuls par la plapart des caractères.

Sa racine est composée de deus petites balbes blanchätres, posées obliquement Tune sur l’autre, arrondies, déprimées, qui émettent à leur base des radicules blanches, simples et cylindriques. La tige est solitaire, herbacée, droite, simple, cylindrique, glabre, garnie à sa base seulement de cing ou six feuilles un peu engainantes, oblongues, en forme de glaive, pointues, droites, presque disposées sur deux rangs.

Au sommet de la tige se trouvent trois à cing fleurs disposées en épi ordinairement simple; ces fleurs sont sessiles, écartées les unes des autres, et chacune d’elles est munie à sa base de deux bractées scarieuses, striées, qui embrassent l’ovaire; la supérieure est terminée par deux dents, et on en compte trois au sommet de l’inférieure.

La corolle est posée sur l’ovaire, en forme d’entonnoir, et d’un jaune tirant sur l’orange; son tabe est court, évasé en une gorge assez large; son limbe est composé de six lanières ovoïdes, obtuses, presque égales entre elles; les trois inférieures sont chargées à leur surface supérieure d’une oreillette ver-ticale, de couleur pale, entourée d’une tache rougeâtre. A la base du tube sont insérées trois étamines, dont les filaments sont jaunâtres, plus courts que le limbe et les anthères linéaires, et de couleur lilas.

Lovaire est inférieur, à trois angles arrondis, caché par les bractées; le style est simple, filiforme, divisé en trois stigmates étalés. Le fruit est une capsule à trois loges et à trois valves.

Histoire

Cette plante est originaire du Cap-de-Bonne-Espérance.

Elle est cultivée dans le riche jardin de la Malmaison: sa floraison, dans nos serres, a lieu au milieu du printemps. ♃.

Observations

Cette espèce est certainement le Gladiolus securiger de Curtis; mais est-ce le Gladiolus securiger, ou le Gladiolus flavus d’Aiton? Par la couleur de sa fleur, elle se rapproche de cette dernière espèce; mais le caractère tiré des bractées aiguës ou obtuses ne me parait d’aucune importance: j’ai sous les yeux des échantillons qui portent des bractées de forme assez diverse, tantôt aigues, tantôt obtuses. Les deux espèces d’Aiton sont-elles véritablement distinctes?

Au reste, si elles sont des plantes différentes, elles doivent l’une et l’autre être rapportées au genre Montbrétie.

Explication de la planche

La Plante de grandeur naturelle.

  1. La corolle ouverte.
  2. Le pistil.

Fam. des Iridées. Juss.—Triandrie monogynie. Lin.

  • Gladiolus securiger. Curt. bot. mag. t. 383.
  • Gladiolus flavus. G. foliis lanceolato-ensiformibus, plania, fance labii superioris trilaminatâ; laminis unguiformibus, perpendicularibus, bracteis acuminatis. Ait. Kew. 1. p. 65. Wild. Spec. 1. p. 218.

Twelve ways of seeing

One plate, read twelve times over: its name, its colour, the burin and the brush, the shape of the sheet, the season, the soil it came from, the book it belongs to, its language of flowers, the poem it answers to, the lore behind it, how to look, and what remains.

  1. The Name

    The plate is titled “Montbretia Securigera”, numbered Plate 53 (book page 53). No reliable binomial survives on the plate, so it must be cited by its original title. Neither a Chinese name nor a reliable binomial survives: the plate can only be cited by its printed title, and left to speak for itself.

  2. Form and Colour

    Irises carry rhizomes or bulbs, sword-shaped leaves in two ranks, and six tepals — three falls drooping, often bearded or speckled, three standards erect. Filed under yellow — a honey-yellow. The colour is built in washes: a pale ground first, then deepening at the petal base and in shadow. A single plant, laid out on the sheet with nothing hidden.

  3. Line and Colour

    The first half of the nineteenth century moved from copper to steel to lithography. Stipple could render the softest transition — Redouté's roses depend on it — while lithography suited broad, gentle washes. Look closely at the line and the colour: an unbroken line means engraving, colour crossing the outline by half a millimetre means hand-colouring. Craft leaves franker evidence than inscriptions.

  4. Composition

    Tall and narrow, the plant rising in one movement with generous margins above and below — the upright format of most floras. (about 2.13 : 1). No details are appended: this is a plate for looking, not for keying out.

  5. Season

    Late spring to early summer, peaking in April and May, before the summer rains. The year 1802 on the plate is the year of publication, not of flowering — the gathering came a year or two earlier.

  6. Provenance

    Temperate north. In China iris and sweet flag belong to the Dragon Boat festival; in Europe Iris germanica gave the perfume trade its orris root. The localities on the plate are those of a century ago; plants travel and places change their names.

  7. The Book

    “The Liliaceae” was drawn by Pierre-Joseph Redouté and published 1802-1816. This plate is Plate 53, book page 53. The image is in the public domain; the hand-colouring on the paper is still one person's hand, two centuries ago.

  8. Symbolism

    In China sweet flag hung at the door wards off evil at midsummer; in Europe the iris is the messenger, since Iris was the rainbow goddess who carried divine words. This plate leans yellow, which in flower language adds one more degree of feeling. Meanings change their tune: the same flower can say opposite things within a century.

  9. Poetic Resonance

    彼泽之陂,有蒲菡萏。有美一人,硕大且俨。

    —— 《诗经·陈风·泽陂》

    On the bank of that pool grow rushes and lotus. There is a beautiful one, tall and grave.

    The poem gives the mood first and the picture supplies the form; set the line beside the plate and the yellow the corolla becomes its resting point.

  10. Classical Lore

    The Bencao Gangmu lists iris and sweet flag among herbs; the Jingchu seasonal records describe hanging mugwort and flag at the door at midsummer — a custom unbroken for a thousand years. Chinese flower books ranked plants by character; European floras described them by form and name. This plate belongs to the second tradition, yet bears reading by the first. A flora asks what it is; a flower book asks what it means. Read both or half-read the plate.

  11. How to Look

    Look for a beard or a signal patch on the falls — a beard points to the bearded irises, a patch to the beardless. The fan-shaped leaf arrangement confirms the family. Finally, the edge of the sheet: where the plant is cropped tells you how it was seen — specimen, garden plant, or wild thing.

  12. Afterword

    The flower of 1802 is dust, yet its image on paper has outlived every living cousin.

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