Amaryllis Josephinæ
南方火眼蝶
Amaryllis de Joséphine
Ten ways of seeing
- measured cast red
- broad 0.76 : 1
First Look
竖划三寸,当千仞之高;横墨数尺,体百里之迥。
—— 南朝宋·宗炳《画山水序》
A vertical stroke of three inches stands for a cliff of a thousand fathoms; a few feet of ink holds a hundred li.
Broad and horizontal: the eye travels side to side. Find where it stops. Then step in close: watch where colour meets line, and whether the line ever breaks. Third, find where the red is deepest: the whole tonal order is measured from that patch.
Name and Thing
Only the genus Amaryllis is given; species-level names came later. The older system filed it under Amaryllidaceæ by overall affinity; Linnaeus, counting stamens only, placed it in Hexandria — two ways of asking what a plant is. The Chinese name 南方火眼蝶 is a modern rendering of the Latin, not an old garden name.
Form and Colour
Measured on this plate: flower colour covers 18.1% of the sheet, foliage 2.7%, the cast red with a second note of amber. No other plate shares exactly this measure. Bulbous plants store the year underground — bulb, corm or tuber — then send up a few thick leaves and a single scape, with six tepals in cup, funnel or star. Filed under red — a red close to carmine, built in washes from a pale ground. Read the outline, then the colour layers, then the brush.
Composition
The sheet is broad. No details are appended: a plate for looking, not for keying out. The plant takes about 29% of the sheet, centred near the centre — the easy measure most florists kept to.
Line and Colour
The first half of the nineteenth century moved from copper to steel to lithography; stipple could render the softest transition. Craft leaves franker evidence than inscriptions. If you mean to copy it: take its skeleton, its margins and the order of its colours; the burin's hatching is the language of copper — suggest it with pencil density, do not imitate it stroke for stroke.
Poetic Resonance
满园花菊郁金黄,中有孤丛色似霜。
—— 唐·白居易《重陽席上賦白菊》
The poem gives the mood first and the picture supplies the form; set the line beside the plate and the red the corolla becomes its resting point.
Symbolism
The tulip was an imperial emblem in Istanbul and a speculative bubble in Amsterdam; the hyacinth sprang from a boy's blood in Greek myth. What bulbs share is concealment: next year kept underground. This plate leans red, which in flower language adds one more degree of feeling. Meanings change their tune: the same flower can say opposite things within a century.
Season and Place
Early spring to early summer, genus by genus: tulips and hyacinths first, gladiolus and amaryllis later. South African bulbs filled European glasshouses after 1800. The year 1812 on the plate is that of publication, not of flowering — the gathering came a year or two earlier. The bud and the ripe fruit on one branch tell the season; the name in the title often tells the journey.
The Book and the Hand
“The Liliaceae” carries only Pierre-Joseph Redouté's name. From drawing to plate the sheet passed through several hands — the engraver aimed at accuracy, the colourist at speed, and between them lies each plate's unevenness.
What to Take Away
Carry three rules away: whole before detail; line before colour; picture before book. A flora exists to be consulted; look long enough and you forget to consult — someone in 1812 gave a whole day to a single flower.
About this plate
Description
De toutes les Liliacées actuellement connues, il n’en est point dont la bulbe atteigne des dimensions aussi considérables que celle de la magnifique Amaryllis dont nous donnons ici la figure; et cependant elle ne paraitra point disproportionnée, si on a égard à l’énorme bouquet de fleurs qu’elle produit. Elle est ovale, haute de trois décimètres environ, sur près de deux de diamètre. De sa base partent des fibres radicales blanches, charnues, cylindriques, presque aussi grosses que le petit doigt, et longues d’un mètre environ.
Du sommet de cette bulbe sort un faisceau de feuilles lancéolées, obtuses, glauques, glabres, entières, un peu courbées en faux, longues de huit déci-mètres, larges de dix à quinze centimètres. Ces feuilles se déssèchent à la fin du printemps, et font place à une hampe droite, haute de quatre décimètres, fortement comprimée, à deux tranchants, nue, d’un vert glauque, large de six ou sept centimètres.
Les fleurs, au nombre de soisante environ, forment une ombelle hémisphé-rique, qui, dans son entier développement, a jusqu’à un mètre de diamètre. La spathe d’où elles sortent est formée de deux valves opposées, lancéolées, rou-geâtres, longues de quinze centimètres, desséchées avant l’entier épanouissement des fleurs. Les pédicelles sont longs de trois à quatre décimètres, d’un violet rougeâtre, plus ou moins anguleux, assez gros, surtout dans le bas, nullement renflés au sommet. Les extérieurs s’étendent horizontalement. Les intérieurs sont dressés dans la plus grande partie de leur longueur, mais ils se courbent auprès de leur extrémité, qui est horizontale. Tous naissent d’une sorte de tête sphérique formée par le renflement de la partie supérieure de la hampe.
Le périgone est en forme d’entonnoir, un peu courbé. Il se rétrécit à sa base en un tube court, horizontal, peu distinet de l’ovaire, d’un violet rougeâtre. Au dessus il est divisé en six segments linéaires-lancéolés, longs de huit ou neuf centimètres, jaunes dans le bas avec la partie dorsale de la même couleur que le tube, tachetés de rouge dans leur partie moyenne, et d’une couleur ponceau assez uniforme vers leur extrémité. Ses segments, d’abord simplement ouverts dans le haut, se renversent et se roulent peu à peu en dehors, en commençant par le supérieur, qui est toujours plus fortement roulé que les autres. Tous sont un peu aigus et calleux au sommet. Les trois extérieurs portent en dedans une petite pointe, ou crochet pubescent.
Les filaments des étamines sont en forme d’alêne, arqués, rassemblés vers le côté inférieur de la fleur, plus courts que les segments du périgone, jaunes dans le bas, d’un rouge ponceau dans le haut. Les anthères sont linéaires, vacil-lantes, longues de deux centimètres, d’un violet pourpre avant la floraison; noirâtres après l’émission du pollen, qui est jaune.
L’ovaire est ovale-triangulaire, de la même couleur que les pédicelles et que le tube du périgone. Le style est filiforme, plus long et moins arqué que les flaments des étamines, et de la même couleur qu’eux. Le stigmate est simple et un peu en forme de godet.
Le fruit est une capsole membraneuse, ovale-triangulaire, à angles aigus, plane sur ses faces, brune, à trois valves, A trois loges, renfermant chacune un grand nombre de graines noires arrondies.
Histoire
L’Amaryllis de Joséphine croit dans la partie méridionale de l’Afrique. Un navigateur hollandais en a rapporté une bulbe qui a été vingt ans sans fleurir dane un jardin de Hollande, et qui a commence a donner des fleur il y a hait ou dix ans. Cette bulbe a été ensuite acquise par Sa Majesté l’Impératrice José-phine, et transportée dans le jardin de la Malmaison, où elle a déjà fleuri deux fois vers le milieu de l’été.
Cette belle plante, quoique personne à notre connaissance n’ait encore publié sa description, a été indiquée dans quelques catalogues sous le nom d’Amaryllis gigantea; mais, comme le Crinum giganteum, aujourd’hui classé parmi les Amaryllis par plusieurs auteurs, a reçu le même nom, nous avons cru devoir, pour éviter toute confusion, imposer un nom nouveau à notre nouvelle plante. Nous l’avons dédiée à Sa Majesté l’Impératrice Joséphine, dans le riche jardin de laquelle nous l’avons décrite et figurée. Nous avons desiré, par ce modeste hommage, signaler, autant qu’il est en nous, les services que la botanique française doit à cette illustre protectrice, Non-seulement elle permet aux botanistes d’étudier les nombreux et rares végétaux qui sont réunis dans ses jardins, mais elle en enrichit elle-même les autres établissements avec une libéralité remar-quable, et une grâce qui relève le prix de ses dons. Elle connait les moindres de ses plantes, aime à suivre leur histoire, et mériterait autant d’etre comparée aux dames qui ont le plus illustré la botanique par leurs connaissances qu’aux princes qui l’ont honorée par leur protection.
Explication des planches
- Planche 370 et 371. Le haut de la hampe, les fleurs et une feuille esquissée de grandeur naturelle.
- Planche 372. La bulbe et une des fibres radicales de grandeur naturelle.
Fam. des Narcisses. Juss.—Hexandrie monogynie. Lin.
- Amaryllis Josephinæ. A. scapo ancipite, foliis lanceolatis glabris, umbellâ maximâ hemiphæricâ, laciniis corollarum, præsertim superiore, revolutis.