南方火眼蝶
Amaryllis Josephinæ
Amaryllis de Joséphine
- 中文名
- 南方火眼蝶
- 合集
- 百合科植物图谱
- 绘者
- Pierre-Joseph Redouté(皮埃尔-约瑟夫·雷杜德)
- 年代
- 1812
- 图版号
- Plate 370
- 原书页码
- p.370
- 主色
- 红
- 授权
- Public domain
十观
- 实测花色 红、橙黄
- 横幅 0.76∶1
第一眼
竖划三寸,当千仞之高;横墨数尺,体百里之迥。
—— 南朝宋·宗炳《画山水序》
三寸的竖线可当千仞高山,几尺横墨能容百里之远。尺幅从来不是障碍,取舍才是本事。这一幅是横幅,眼睛左右来回走,看它在哪一处停住。第二步凑近一寸:看线与色的交界,色有没有压住线,线有没有断。第三步,找红色最重的一小块:整幅的明暗秩序,是从那里排开的。
名与实
图上只标属名 Amaryllis,未定种;这一时期的图谱常以一属数种合绘,种名要等后来的专著补齐。旧分类按整体亲缘,把它归入 Amaryllidaceæ;林奈的体系只数雄蕊,把它放进 Hexandria。先记这一层:今天叫“科”的,多半来自前一种;今天中学生还在背的“几雄蕊”,就是后一种的遗痕。中文名“南方火眼蝶”是后人据学名回译的通行叫法,与古书里的旧名未必对得上——名与物之间,总隔着一层翻译。
形与色
就这一幅实测:花色占画面的 18.1%,叶色 2.7%,主相是红、辅以橙黄。这个比例与色相,是这一幅独有的。球根花卉把一年的力气都存在地下:鳞茎、球茎或块茎,叶少而厚,花茎一杆直上,花被六片,形或杯、或漏斗、或星。此幅属红一路,红近胭脂,最经得起手工叠色。上色时先铺一层淡底,再在瓣基与背光处加深——层次是这样一层层叠出来的。颜色不是平涂的:最浅处近乎纸色,最深处在花瓣重叠的缝里。把这两处找到,画面的呼吸就出来了。
构图与呼吸
画幅横幅。全幅只画一株,不作解剖附图——这类图更近于“观赏”,而非“鉴定”。枝叶占画面约 29%,重心近于正中——不挤不空,是这类图谱最从容的排法。
一刀一色
十九世纪上半叶是铜版、钢版与石版交替的时期。点刻能把明暗过渡做得极细,雷杜德的玫瑰即以此著称;石版则更宜表现柔和的色层。先判断它是“印”的还是“画”的,再谈好不好看——这是看老版画最实用的一条规矩。想动笔临它的人记住一句:临它的骨架、留白与设色次序就好;刀口的排线是铜版与刻刀的语言,铅笔不必硬学,用疏密代替它。
诗境
满园花菊郁金黄,中有孤丛色似霜。
—— 唐·白居易《重陽席上賦白菊》
“满园花菊郁金黄”——古人写到这一层,已不只是赏花,是借花说人;画面则只负责把那朵花留住。
花语
郁金香在奥斯曼是帝国之花,在荷兰是投机的符号;风信子在希腊神话里是少年之血所化。球根的共同性格是“藏”:把来年藏在今年地下。此幅偏红,在花语里总要再加重一分情绪。在图谱里,它首先是一个物种,其次才是一种象征——这个次序值得记住。
时与地
早春至初夏,随属而移。郁金香、风信子最早,唐菖蒲、朱顶红继之,秋植者则于翌春开。南非球根则于十八世纪后大量进入欧洲温室。图上所记的 1812 年是刊行之年,不是花期;真正的花藏在原书的采集记录里,通常比出版早一两年。图上的产地常是“据说来自”,图上的花期常是“盛开那十日”——两处都要打个折扣读。
书与人
《百合科植物图谱》只署了皮埃尔-约瑟夫·雷杜德一个人的名字。版画是集体工程:绘图、刻版、上色各有其人,真正决定这幅图好不好看的,常是没留下名字的刻工与上色师。
带走一双眼睛
下次去公园,找一株开着的花站三分钟:看叶怎么排、花朝哪个方向开、最深的一块色在哪。三分钟之后,你已经会看这一类的图了。图谱的用意是“以备查考”,看久了却会忘记查考:1812 年的一个人,为一朵花花了整整一天。
关于本图版
《百合科植物图谱》(The Liliaceae)由皮埃尔-约瑟夫·雷杜德绘制,1802—1816 年间印行,本图即其中一幅。图中描绘的是南方火眼蝶,在分类体系中列于石蒜科(Amaryllidaceæ)。
该合集全编共 475 幅图版,此图为其中之一,图版编号 Plate 370,对应原书第 370 页,版式为横幅,整幅以朱红为主调。扫描件取自公有领域原件,经高分辨率修复与色彩校正,可按原大放大查看线条与设色。
原书文字(英文 / 法文)
Description
De toutes les Liliacées actuellement connues, il n’en est point dont la bulbe atteigne des dimensions aussi considérables que celle de la magnifique Amaryllis dont nous donnons ici la figure; et cependant elle ne paraitra point disproportionnée, si on a égard à l’énorme bouquet de fleurs qu’elle produit. Elle est ovale, haute de trois décimètres environ, sur près de deux de diamètre. De sa base partent des fibres radicales blanches, charnues, cylindriques, presque aussi grosses que le petit doigt, et longues d’un mètre environ.
Du sommet de cette bulbe sort un faisceau de feuilles lancéolées, obtuses, glauques, glabres, entières, un peu courbées en faux, longues de huit déci-mètres, larges de dix à quinze centimètres. Ces feuilles se déssèchent à la fin du printemps, et font place à une hampe droite, haute de quatre décimètres, fortement comprimée, à deux tranchants, nue, d’un vert glauque, large de six ou sept centimètres.
Les fleurs, au nombre de soisante environ, forment une ombelle hémisphé-rique, qui, dans son entier développement, a jusqu’à un mètre de diamètre. La spathe d’où elles sortent est formée de deux valves opposées, lancéolées, rou-geâtres, longues de quinze centimètres, desséchées avant l’entier épanouissement des fleurs. Les pédicelles sont longs de trois à quatre décimètres, d’un violet rougeâtre, plus ou moins anguleux, assez gros, surtout dans le bas, nullement renflés au sommet. Les extérieurs s’étendent horizontalement. Les intérieurs sont dressés dans la plus grande partie de leur longueur, mais ils se courbent auprès de leur extrémité, qui est horizontale. Tous naissent d’une sorte de tête sphérique formée par le renflement de la partie supérieure de la hampe.
Le périgone est en forme d’entonnoir, un peu courbé. Il se rétrécit à sa base en un tube court, horizontal, peu distinet de l’ovaire, d’un violet rougeâtre. Au dessus il est divisé en six segments linéaires-lancéolés, longs de huit ou neuf centimètres, jaunes dans le bas avec la partie dorsale de la même couleur que le tube, tachetés de rouge dans leur partie moyenne, et d’une couleur ponceau assez uniforme vers leur extrémité. Ses segments, d’abord simplement ouverts dans le haut, se renversent et se roulent peu à peu en dehors, en commençant par le supérieur, qui est toujours plus fortement roulé que les autres. Tous sont un peu aigus et calleux au sommet. Les trois extérieurs portent en dedans une petite pointe, ou crochet pubescent.
Les filaments des étamines sont en forme d’alêne, arqués, rassemblés vers le côté inférieur de la fleur, plus courts que les segments du périgone, jaunes dans le bas, d’un rouge ponceau dans le haut. Les anthères sont linéaires, vacil-lantes, longues de deux centimètres, d’un violet pourpre avant la floraison; noirâtres après l’émission du pollen, qui est jaune.
L’ovaire est ovale-triangulaire, de la même couleur que les pédicelles et que le tube du périgone. Le style est filiforme, plus long et moins arqué que les flaments des étamines, et de la même couleur qu’eux. Le stigmate est simple et un peu en forme de godet.
Le fruit est une capsole membraneuse, ovale-triangulaire, à angles aigus, plane sur ses faces, brune, à trois valves, A trois loges, renfermant chacune un grand nombre de graines noires arrondies.
Histoire
L’Amaryllis de Joséphine croit dans la partie méridionale de l’Afrique. Un navigateur hollandais en a rapporté une bulbe qui a été vingt ans sans fleurir dane un jardin de Hollande, et qui a commence a donner des fleur il y a hait ou dix ans. Cette bulbe a été ensuite acquise par Sa Majesté l’Impératrice José-phine, et transportée dans le jardin de la Malmaison, où elle a déjà fleuri deux fois vers le milieu de l’été.
Cette belle plante, quoique personne à notre connaissance n’ait encore publié sa description, a été indiquée dans quelques catalogues sous le nom d’Amaryllis gigantea; mais, comme le Crinum giganteum, aujourd’hui classé parmi les Amaryllis par plusieurs auteurs, a reçu le même nom, nous avons cru devoir, pour éviter toute confusion, imposer un nom nouveau à notre nouvelle plante. Nous l’avons dédiée à Sa Majesté l’Impératrice Joséphine, dans le riche jardin de laquelle nous l’avons décrite et figurée. Nous avons desiré, par ce modeste hommage, signaler, autant qu’il est en nous, les services que la botanique française doit à cette illustre protectrice, Non-seulement elle permet aux botanistes d’étudier les nombreux et rares végétaux qui sont réunis dans ses jardins, mais elle en enrichit elle-même les autres établissements avec une libéralité remar-quable, et une grâce qui relève le prix de ses dons. Elle connait les moindres de ses plantes, aime à suivre leur histoire, et mériterait autant d’etre comparée aux dames qui ont le plus illustré la botanique par leurs connaissances qu’aux princes qui l’ont honorée par leur protection.
Explication des planches
- Planche 370 et 371. Le haut de la hampe, les fleurs et une feuille esquissée de grandeur naturelle.
- Planche 372. La bulbe et une des fibres radicales de grandeur naturelle.
Fam. des Narcisses. Juss.—Hexandrie monogynie. Lin.
- Amaryllis Josephinæ. A. scapo ancipite, foliis lanceolatis glabris, umbellâ maximâ hemiphæricâ, laciniis corollarum, præsertim superiore, revolutis.