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Lilium Tigrinum (Lis de Chine) - The Liliaceae
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Lilium Tigrinum

十字园蛛

Lis de Chine

Plate 475 · p.475 · 1814 · The Liliaceae · · 1802-1816 · Orange

About this plate

Description

Nous n’avions observé ce beau Lis que dans son jeune âge, lorsque nous en avons précédemment donné la description, p. 395. Il s’est facilement multiplié, et est devenu très-grand. C’est une des plantes les plus élégantes que nous ayons pu souhaiter avoir dans nos jardins. Elle décorait les jardins de la Chine et du Japon: les voyageurs ne nous l’indiquaient que comme une variété. Le commerce et la curiosité en ont depuis peu d’années enrichi nos parterres.

Ce Lis se multiplie plus que tout autre par les bulbes qu’il produit sur sa tige, dans laisselle de ses feuilles, jusque auprès des fleurs. Ces bulbes Sont agrégées ou solitaires, de la grosseur d’un pois, d’un brun violet, et formées d’écailles qui ont la forme de valves charnues. Ces bulbes sont caduques; elles germent quelquefois à l’aisselle des feuilles; la petite racine qui part de leur base les détache de cette aisselle, si déjà elles ne sont libres d’elles-mêmes. Quelle que soit la position de ces bulbes sur le sol, les radicules qu’elles émettent les y fixent bientôt; on voit les radicules se courber et entrer en terre, lorsqu’une bulbe est restée le sommet en bas.

La tige, qui sort des petites bulbes la première année, est faible et tombe naturellement de côté: les tiges de l’année suivante sont fermes, droites et un peu en zig-zag, les angles qu’elles forment répondant à l’insertion des feuilles. Ces jeunes tiges, comme les plus anciennes, sont couvertes d’un duvet laineux.

Les bulbes adultes sont arrondies, formées de très-grandes écailles; l’épaisseur de ces bulbes est de huit décimètres (trois pouces); elles produisent, en dessous, des radicules longues de plus de deux décimètres (huit pouces), plus grosses qu’une plume à écrire. La tige qui sort de ces bulbes est cylindrique, s’élève verticalement, est épaisse à sa base, et s’amincit insensiblement jusque vers son sommet. Elle se termine par une panicule longue de cinq décimètres (un pied et demi), qui produit environ dix rameaux bifurqués.

Les feuilles sont très-nombreuses sur la tige, médiocrement ouvertes, linéaires-lancéolées, aiguës, sessiles, luisantes en dessus, en gouttière, d’un vert beaucoup plus pâle en dessous, bordées de petites dents cartilagineuses, visibles à la loupe. On découvre aussi, à l’aide de la loupe, une infinité de petits points blancs à la face inférieure des feuilles; les nervures des feuilles sont transparentes lorsqu’on les regarde au grand jour; ces nervures sont au nombre de sept à neuf; elles forment des stries ou des sillons à la face supérieure de la feuille.

Les rameaux de la panicule forment avec la tige un angle plus ouvert que ne font les feuilles; ces rameaux ne forment point, comme les feuilles, plusieurs rangs en spirales; ils sont, au contraire, un peu étalés en éventail; ils sont très-bruns sur toute la surface par laquelle ils sont exposés au soleil; ils offrent une ligne verdâtre en dessous. Ces rameaux produisent de deux à trois fleurs; ils se fourchent de manière qu’un pédoncule est abaissé, et l’autre relevé. Une feuille ovale-lancéolée, recourbée vers le haut, est placée au côté supérieur du rameau, à son point de division en pédoncule. Les fleurs sont pendantes; leur pédoncule se courbe près de l’insertion du périgone. Les six divisions du périgone sont presque semblables entre elles; elles se recourbent vers leur base comme celle du Lis Martagon. Les trois divisions extérieures sont un peu plus étroites que les intérieures, et se terminent par un tubercule ou cal en mamelon un peu cotonneux, brun ou verdâtre. Ces trois divisions n’ont qu’une nervure dorsale peu apparente; les trois divisions intérieures sont munies d’une nervure dorsale très-distinete, au moyen de deux plis ou sillons longitudinaux qui lui sont contigus. Les six divisions de la fleur sont d’un beau rouge orangé, tachetées en dedans à leur partie moyenne par de larges points noirâtres ovoïdes. Chaque division renferme en outre, à sa base, un canal fendu en dessus, formé de deux crêtes rapprochées, vert intérieurement et qui contient une liqueur mielleuse. Plusieurs papilles garnissent la base des divisions de la fleur et se terminent en petites têtes glanduleuses, noires, qui, vues à la loupe, paraissent consister dans un amas de petits grains. Les filets des six étamines plus courts que les pétales sont opposés à ces pétales, cylindriques, rétrécis insensiblement en pointe au sommet. Les anthères sont linéaires, brunes, vacillantes. Le pollen est formé de grains oblongs d’un brun cramoisi, qui, étant écrasés, donnent une couleur tenace, jaune-orangé. L’ovaire est en colonne à six cannelures; le style est courbé, un peu épaissi en massue, triquètre, à angles mousses, tubuleux intérieurement; le stigmate est formé de trois crêtes mousses, glan-duleuses, conniventes, rapprochées en tête et voûtées par la face intérieure qui répond au canal du style.

Cette plante n’a point encore donné de fruit; on aperçoit dans ses ovaires les ovules très-bien formés, placés symétriquement sur deux rangs contigus dans chaque loge. Nous avons compté sur un rang plus de cinquante ovules.

Cette plante fleurit à la fin de juillet et au commencement d’août, en plein air dans la terre de bruyère.

Fam. des Lis. Juss.—Hexandrie monogynie. Lin.

  • Lilium tigrinum. L. foliis sparsis lanceolatis, in axilla bulbiferis; caule lanato villoso; floribus pendulis; segmentis revolutis, intùs maculatis.
  • Lilium tigrinum. Ait. Kew. ed. alt. 2. p. 241. Gawl. in Curt. botan. mag. 1237, etc. Vide synom. Liliac. suprà, p. 395.

Twelve ways of seeing

Not a catalogue entry but a way of looking: how to stand, what to notice, how the line was cut, when it flowers, where it came from, who made it — and then the poems and the classics that taught China to see the same flower. Read the twelve in order and the plate opens.

  1. First Look

    江馆清秋,晨起看竹,烟光日影露气,皆浮动于疏枝密叶之间。

    —— 清·郑板桥《题画竹》

    On an autumn morning at the river lodge I looked at the bamboo: mist, sunlight, dew, all drifting among the sparse and dense leaves.

    The sheet is vertical: the eye climbs and settles in the upper half. Let the plant stand before you look for detail. Then step in close: watch where colour meets line, and whether the line ever breaks. Third, find where the orange is deepest: the whole tonal order is measured from that patch.

  2. Name and Thing

    The binomial is Lilium tigrinum: the first word is the genus it belongs among, the second the epithet that sets it apart. The genus name Lilium: Lilium comes from Greek leirion, the classical name for the white lily. The older system filed it under Liliaceæ by overall affinity; Linnaeus, counting stamens only, placed it in Hexandria — two ways of asking what a plant is. The Chinese name 十字园蛛 is a modern rendering of the Latin, not an old garden name.

  3. Form and Colour

    Measured on this plate: flower colour covers 17.2% of the sheet, foliage 8.0%, the cast amber with a second note of yellow-green. No other plate shares exactly this measure. A bulb of overlapping fleshy scales gives the lily its Chinese name, 'hundred-fold'; six tepals reflex as the flower opens, around six stamens with long, T-shaped anthers. Filed under orange — an amber orange, built in washes from a pale ground. Read the outline, then the colour layers, then the brush.

  4. Composition

    Tall and narrow, the plant rising in one movement with generous margins — the upright format of most floras. (about 1.46 : 1) No details are appended: a plate for looking, not for keying out. The plant takes about 29% of the sheet, centred near the centre — the easy measure most florists kept to. Cover the margins with your thumb and the plate suffocates; uncover them and the flower breathes again.

  5. Line and Colour

    The first half of the nineteenth century moved from copper to steel to lithography; stipple could render the softest transition. Take a loupe to three places: petal edge, leaf vein, caption. An unbroken line means engraving; colour crossing the outline means a hand.

  6. Season

    Early to high summer, June and July; the flowers last only days, so artists drew them just as they opened. The year 1814 on the plate is that of publication, not of flowering — the gathering came a year or two earlier. The plate records ten days of peak; the other three hundred are leaf, fruit and rest.

  7. Provenance

    Temperate north — China, Japan, Europe. Long used in Chinese medicine, lilies were hunted in East Asia by nineteenth-century collectors and transformed European gardens. The volume was made in 1802-1816, when most of this knowledge came from living plants under glass.

  8. The Book and the Hand

    “The Liliaceae” was drawn by Pierre-Joseph Redouté and published 1802-1816. This plate is Plate 475, book page 475. The image is public domain; the hand-colouring is still one person's hand.

  9. Poetic Resonance

    两丛香百合,一架粉长春。

    —— 宋·陆游《北窗偶题四首 其一》

    The poem gives the mood first and the picture supplies the form; set the line beside the plate and the orange the corolla becomes its resting point.

  10. The Written Tradition

    百合之根,以众瓣合成也。

    —— 明·李时珍《本草纲目·菜部》

    The root of the lily is many scales gathered into one — hence the name bai he, “a hundred joined”.

    The Bencao Gangmu describes the bulb as garlic-like, edible and medicinal; Song writers already noted that the leaves vary while the flowers stay white. You need not parse every word: take the line, and the flower acquires a second face.

  11. Symbolism

    In the West the white lily is Marian purity, held by the angel of the Annunciation; in China the name sounds like 'a hundred years in harmony', a wedding wish. This plate leans orange, which in flower language adds one more degree of feeling. In a flora it is a species first and a symbol second; the order is worth keeping.

  12. What to Take Away

    Next time you stand before a flowering plant, give it three minutes: leaf arrangement, direction of the flower, the darkest patch. Two centuries on, the plant may still flower in some garden; the one on this sheet stopped in the season of 1814.

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