Rosa Pomponiana Muscosa
Rosa Pomponiana Muscosa
Le Pompon Mousseux
Ten ways of seeing
- measured cast yellow-green
- upright 1.74 : 1
First Look
江馆清秋,晨起看竹,烟光日影露气,皆浮动于疏枝密叶之间。
—— 清·郑板桥《题画竹》
On an autumn morning at the river lodge I looked at the bamboo: mist, sunlight, dew, all drifting among the sparse and dense leaves.
The sheet is vertical: the eye climbs and settles in the upper half. Let the plant stand before you look for detail. Then step in close: watch where colour meets line, and whether the line ever breaks. Third, find where the green is deepest: the whole tonal order is measured from that patch.
Name and Thing
Only the genus Rosa is given; species-level names came later. No established Chinese name exists, so it is cited by its binomial alone.
Form and Colour
Measured on this plate: flower colour covers 8.2% of the sheet, foliage 7.4%, the cast yellow-green with a second note of red. No other plate shares exactly this measure. Roses are shrubs or scramblers with pinnate leaves of three to seven serrated leaflets; the double flowers open in crumpled, inward-curling layers around a small knot of yellow stamens. a moss green. A single plant, laid out with nothing hidden.
Composition
The sheet is tall. No details are appended: a plate for looking, not for keying out. The plant takes about 28% of the sheet, centred a little left of centre — the easy measure most florists kept to.
Line and Colour
The first half of the nineteenth century moved from copper to steel to lithography; stipple could render the softest transition. Decide first whether it was printed or painted; only then discuss whether it is beautiful. If you mean to copy it: take its skeleton, its margins and the order of its colours; the burin's hatching is the language of copper — suggest it with pencil density, do not imitate it stroke for stroke.
Poetic Resonance
金盆水冷菱花净,满面残红。
—— 宋·晏几道《采桑子》
The poem gives the mood first and the picture supplies the form; set the line beside the plate and the green the corolla becomes its resting point.
Symbolism
In Europe the rose means love and secrecy ('sub rosa'); in Chinese verse the rambling rose leans and clings — lingering attachment rather than ardour. Meanings change their tune: the same flower can say opposite things within a century.
Season and Place
Late spring into early summer, peaking in May — the first flush of the garden year. the ever-blooming modern rose is a nineteenth-century crossing of European and Chinese stock. The year 1824 on the plate is that of publication, not of flowering — the gathering came a year or two earlier. See this kind of plate in the flowering season if you can: once you have met the living flower, you stop reading only colour.
The Book and the Hand
“Les Roses” carries only Pierre-Joseph Redouté's name. The image is public domain; the hand-colouring is still one person's hand.
What to Take Away
Appreciation is not knowledge but habit — one more look each time. The flower of that year is dust, yet its image on paper has outlived every living cousin.
About this plate
Description
Cette variété du Rosier Pompon nous vient d’Angleterre, où l’on cultive aussi le Pompon mousseux blanc, qu’on trouve dans la pépinière de M. Kennedy. La tige, qui s’élève à un pied au plus, est recouverte d’un grand nombre de petits aiguillons inégaux, presque droits, rapprochés, entre-mêlés de poils glan-duleux. Les feuilles se composent de trois ou de cinq folioles glabres en-dessus, glanduleuses en-dessous et sur la bordure; elles sont portées par un pétiole couvert de glandes. Les fleurs sont terminales, disposées par deux, assez souvent par trois, à l’extrémité des rameaux. Le pédoncule, les pédicelles, le tube du calice et les divisions du limbe, sont recouverts de poils visqueux, ramifiés, assez semblables à de la mousse. Les bractées qui accompagnent les pédicelles sont très-allongées, spa-tulées, même foliacées au sommet. Corolle de huit à dix rangs de pétales à peu près, de la couleur de ceux du Pompon or-dinaire.
Observations
Les personnes qui se livrent à la culture du Rosier, ont pu remarquer que, depuis quelques années, le nombre des Rosiers mousseux s’est fort accru, et que la semence d’espèces, ou de variétés, qui n’avaient jamais présenté ce phénomène, les reproduit, assez souvent, avec des Roses mousseuses. Cette singularité a fixé l’attention de M. J. Cl. Bozérian, si renommé par ses belles reliures, maintenant fixé à sa terre du Haut-Fontenay, près Vendôme, ou il s’occupe, en grand, de la culture de cet arbrisseau et de sa multipli-cation, particulièrement par la semence.
M. Bozérian a cru trouver de l’identité entre les poils ramifiés qui enveloppent les tubes des Rosiers mousseur, et ces excroissances qui entourent l’éponge ou galle du Rosier, que les botanistes nomment bédéguard. Partant de cette idée, après avoir observé les fleurs de ses Rosiers, et suivi le développement de leur végétation, il a été amené à penser qu’on pouvait attribuer aux larves de l’Ichneumon à longue queue1 le phénomène des Rosiers mousseux. Voici ce que dit ce laborieux jardiniste dans un mémoire manuscrit qu’il nous a communiqué, et qu’il se propose d’envoyer à la société d’Agriculture de Paris.
L’insecte attiré par l’odeur du pollen, au moment de la fécondation des fleurs, introduit son long aiguillon dans chaque pistil, pénètre jusqu’à l’ovaire, y dépose un œuf qui ne tarde pas à éclore. Les larves qui en résultent s’emparent des matières nutritives contenues dans l’ovaire, et transforment tout l’appareil de la fleur en un véritable bédéguard recouvert d’une végétation visqueuse qui a toute l’apparence d’une mousse fine, palmée, ramifiée, semblable à celle qu’on remarque sur nos Roses mousseuses…
L’auteur du mémoire a ouvert et examiné avec attention un grand nombre de ces bédéguards, soit secs, soit dans leur état de végétation; il a trouvé plusieurs graines qui, bien qu’elles aient été extérieurement enduites des matières visqueuses dont la larve semble elle-même formée, n’avaient cependant pas été percées à l’intérieur par l’aiguillon de l’insecte, au moment de son invasion… d’ou il a conclu que ces graines, ayant conservé leur faculté germinative, ont dû, et doivent, attendu la viscosité qui les recouvre, donner naissance à des Roses mousseuses.
On voit que, jusqu’à présent, tout ceci n’est que conjecture: il faudrait que les résultats de la semence vinssent confirmer l’opinion de M. Bozérian, en nous donnant en effet des Roses mousseuses. C’est ce dont il s’occupe: déja depuis trois ans, il a semé un bon nombre de graines échappées à l’aiguillon de l’Ichneumon et provenant des débris de ses bédéguards: toutes sont levées; mais on n’a pas encore vu de fleurs. Il faut espérer que le printemps de 1824 éclaircira ce nouveau fait de physique végétale.
R. germinibus pedunculis petiolisque glanduloso-viscosis (muscosis); floribus subgemellis. (N.)
-
Ichneumon manifestator, De Fourcroy, Entom. Par. 374. 5. C’est un insecte de l’ordre des hyménoptères.
Les femelles ont un aiguillon quelquefois plus long que le corps, placé entre deux étuis minces comme lui; ce qui leur donne l’air d’avoir une queue composée de trois poils; elles s’en servent pour percer le corps des chenilles « et autres larves d’insectes, et pour y placer leurs œufs. Les larves qui en éclosent dévorent les parties intérieures de celle dans laquelle elles se trouvent, et la font périr souvent avant qu’elle devienne nymphe, mais toujours avant qu’elle passe à l’état parfait. Alors elles en sortent pour filer leur coque, et se métamorphoser elles-mêmes. —Cuvier, Tab. Elem. p. 505.
Les naturalistes ne sont pas d’accord sur l’insecte qui produit le bédéguard; la nature de cette excroissance spongieuse n’est pas même bien connue. Les curieux pourront, au reste, consulter les ouvrages suivants: 1o Rammelet, Traité des excroissances du Rosier, en allemand; 2e Camerarius, Spongia rosce sylvestris quid? et quelques autres écrits spéciaux, qu’on trouvera énoncés dans notre Bibliotheca Botanica Rosarum comprise dans cet ouvrage, vol. 1. page. 225.