星捧月
Aphyllanthes Monspeliensis
Aphyllanthe de Montepellier
- 中文名
- 星捧月
- 学名
- Aphyllanthe de Montepellier
- 合集
- 百合科植物图谱
- 绘者
- Pierre-Joseph Redouté(皮埃尔-约瑟夫·雷杜德)
- 年代
- 1814
- 图版号
- Plate 483
- 原书页码
- p.483
- 主色
- 黄
- 授权
- Public domain
十观
- 实测花色 橙黄、黄绿
- 纵幅 1.76∶1
第一眼
真山水之川谷,远望之以取其势,近看之以取其质。
—— 宋·郭熙《林泉高致·山水训》
远看取其气势,近看取其质地。八个字,就是看画的两步:先退后看整体,再凑近看笔与色。看花鸟图版一样管用。这一幅是竖的:眼睛从下往上走,落点在上半部。先让整株立起来,再看细节。第二步凑近一寸:看线与色的交界,色有没有压住线,线有没有断。第三步,找黄色最重的一小块:整幅的明暗秩序,是从那里排开的。
名与实
学名 Aphyllanthes monspeliensis:前一词是属,管它归在哪一类;后一词是种加词,管它在这一类里凭什么与众不同。名字是通行证,也是懒办法——记住两个词,就抓住了一整个物种。旧分类按整体亲缘,把它归入 Juncaceæ;林奈的体系只数雄蕊,把它放进 Hexandria。同一种植物,在两本书里挂在两个门下——分类不是自然的秩序,是人替自然排的队。中文名“星捧月”是后人据学名回译的通行叫法,与古书里的旧名未必对得上——名与物之间,总隔着一层翻译。
形与色
就这一幅实测:花色占画面的 3.2%,叶色 0.7%,主相是橙黄、辅以黄绿。这个比例与色相,是这一幅独有的。鳞茎由多数肉质鳞片抱合而成,故名“百合”;茎直立,叶披针或轮生,花被六片,盛开时向外反卷,雄蕊六枚,花药长大如丁字。此幅属黄一路,黄如蜜蜡,浅处几乎透光。上色时先铺一层淡底,再在瓣基与背光处加深——层次是这样一层层叠出来的。画幅高而窄,形与色的关系因此看得格外清楚:先读轮廓,再读色层,最后才看笔触。
构图与呼吸
画幅高而窄。全幅只画一株,不作解剖附图——这类图更近于“观赏”,而非“鉴定”。这一幅留白多:枝叶只占 8%,重心偏下——空处是给眼睛喘气的,也更显出这株的姿态。
一刀一色
十九世纪上半叶是铜版、钢版与石版交替的时期。点刻能把明暗过渡做得极细,雷杜德的玫瑰即以此著称;石版则更宜表现柔和的色层。拿放大镜(或手机微距)看三处:花瓣边缘、叶脉、题名。线若连续不断,是刻的;色若越过轮廓半毫米,是手涂的。想动笔临它的人记住一句:临它的骨架、留白与设色次序就好;刀口的排线是铜版与刻刀的语言,铅笔不必硬学,用疏密代替它。
诗境
两丛香百合,一架粉长春。
—— 宋·陆游《北窗偶题四首 其一》
“两丛香百合”——古人写到这一层,已不只是赏花,是借花说人;画面则只负责把那朵花留住。
花语
西方以白百合为圣母之洁,天使报喜时手持者即是;中国取其“百年好合”之谐音,婚仪用之,是世俗的祝福而非宗教的纯洁。此幅偏黄,在花语里总要再加重一分情绪。花语是后人添上去的,花本身并不知道;但这层“不知道”,正是它最动人的地方。
时与地
初夏至盛夏,六七月间开。百合花期短,三五日即谢,故画者多取初开之态。北半球温带,中国、日本与欧洲山地皆有。中国百合入药已久,十九世纪欧洲又从东亚引去数十种,一时百合育种大盛。图上所记的 1814 年是刊行之年,不是花期;真正的花藏在原书的采集记录里,通常比出版早一两年。看这类图最好的时候是花期,见过一次活的花,再看图就不会只看颜色。
书与人
《百合科植物图谱》只署了皮埃尔-约瑟夫·雷杜德一个人的名字。从画稿到成图要过好几双手:转刻的人求准,上色的人求快——快与准之间,就是各幅之间深浅不一的来历。
带走一双眼睛
下次去公园,找一株开着的花站三分钟:看叶怎么排、花朝哪个方向开、最深的一块色在哪。三分钟之后,你已经会看这一类的图了。二百年后,这株植物的后代或许仍在某处活着;而纸上这一株,永远停在 1814 年的那个季节。
关于本图版
本图选自皮埃尔-约瑟夫·雷杜德的《百合科植物图谱》(The Liliaceae),原书 1802—1816 年间出版。图中描绘的是星捧月,在分类体系中列于灯心草科(Juncaceæ)。
该合集全编共 475 幅图版,此图为其中之一,图版编号 Plate 483,对应原书第 483 页,版式为纵幅,整幅以橙为主调。图为公有领域原件的修复扫描,构图与设色未经改动。
原书文字(英文 / 法文)
Description
L’Aphyllanthe, lorsqu’il n’est pas en fleur, ne ressemble pas mal à certaines espèces de Scirpus ou de Jone, ou même au Dianthus prolifer; il forme de petites toufles qui naissent d’une racine divisée en fibres très-menues et très-ramifiées. Le collet est garni de quelques écailles, qui sont les débris des anciennes feuilles. Cette plante en effet n’en est point entièrement dépourvue, comme son nom semble l’indiquer. Elle en porte quelques-unes, très-courtes il est vrai, et peu nombreuses, qui naissent du collet; il y en a une insérée sur le bas de la tige florale: cette feuille est un peu engainante, membraneuse sur les bords de la gaîne, cylindrique et un peu pointue à son sommet.
La tige est d’ailleurs absolument nue, cylindrique, glabre, longue de cinq à huit pouces, droite ou un peu ascendante, marquée de six raies longitudinales d’un vert plus foncé, terminée par une ou deux fleurs d’un beau bleu.
Ces fleurs sont presque toujours solitaires; lorsqu’il y en a deux, leur floraison n’a pas lieu au même moment. Elles sont entourées de plusieurs bractées rousses et scarieuses, qui sont exactement appliquées contre leur base; les deux extérieures, qui jouent le rôle de spathe, sont terminées par trois pointes, deux latérales membraneuses, et celle du milieu en forme de soie roide. Les bractées intérieures, qui sont au nombre de six ou douze environ, quand il y a deux fleurs, sont oblongues, aigues, entières. Celles qui touchent la fleur sont les plus longues; ce rang intérieur est composé de six écailles disposées alternativement sur deux rangs comme les lobes du périgone.
Le périgone est d’une seule pièce en forme d’entonnoir, d’un beau bleu dans toute la partie exposée à la lumière, pâle et verdâtre dans la partie cachée sous les bractées: le tube est en réalité très-court; mais il semble plus long, parce que les lobes pressés à leur base par les bractées restent rapprochés en forme de tube: ces lobes sont oblongs, rétrécis à leur base, obtus et même un peu échancrés au sommet, munis d’une nervure longitudinale, d’un bleu plus foncé, disposés sur deux rangs, trois alternatifs extérieurs, et trois intérieurs semblables entre eux, droits à leur base, étalés dès le point ou les bractées les abandonnent. Immédiatement après la fleuraison, le périgone se flétrit, et sa base persiste autour du fruit.
Les étamines sont au nombre de six, adhérentes au tube du périgone devant chacun de ses lobes; les trois qui sont situées devant les lobes intérieurs sont les plus précoces et les plus longues, mais elles ne dépassent pas la moitié de la longueur des lobes: les filets sont droits, blanchâtres à leur base, bleuâtres au sommet; les anthères sont ovales, bleues, droites; le pollen est blanchâtre; le pistil a l’ovaire libre, vert, ovale, à trois angles obtus: ce pistil est intérieurement divisé en trois loges; chacune d’elles renferme un seul ovule globuleux; le style est filiforme, blane à sa base, bleu vers le sommet, terminé par un stigmate de forme très-particulière: ce stigmate, au lieu d’être à trois lobes comme celui des genres analogues, offre quatre crêtes, trois latérales un peu étalées, et une centrale en forme de prisme triangulaire, dont les angles correspondent aux trois crêtes latérales; la partie glanduleuse des stigmates est blanche; le reste bleu.
Le fruit est une capsule membraneuse, recouverte par les bractées et par la base flétrie du périgone, un peu triangulaire, à trois valves; chaque valve porte sur le milieu de la face interne une nervure saillante, et ses bords rentrants, incomplètement au moins, à la maturité, forment de fausses cloisons, les valves se séparent en commençant par le haut, et chacune d’elles entraîne avec elle, dans sa déhiscence, un tiers du style: les graines sont solitaires dans chaque loge, attachées au fond de la capsule sur la base de la nervure de chaque valve, ovales, de couleur noire matte, marquées d’un côté par un léger sillon; elles sont composées d’un périsperme charnu, dans lequel se trouve un embryon droit, cylindrique, à radicule inférieure.
Histoire
L’Aphyllanthe de Montpellier croît sur les collines sèches et pierreuses de toute la région des oliviers de la Franche, et particulièrement aux environs de Montpellier; les lieux qu’il habite son ceux qu’on désigne dans le midi de la France sous le nom de Garriagues, nom qu’il est nécessaire d’introduire dans la langue, car ce genre de localités est très-distinct de toutes les autres; ce sont des terrains secs, calcaires, découverts, où les roches sont à nu presque partout, et où les plantes les plus dures peuvent seules trouver des moyens d’existence. ♃.
L’Aphyllanthe ou la non-feuillée fleurit au moois de mai aet je juin; sa fleur s’épanouit le matin ou lever du soliel; elle se ferme odinairement vers midi, à moins qu’elle ne soit pas bient exposée au soliel: dans ce cas, elle dure jusqu’au soir; cette fleur éphémère ressemble de loin, par sa coulier, à cele de certaines campanules.
Le fruit vient rarement à maturité complète; il faut le chercher avec assez de soin pour le recontrer dans cet état.
L’Aphyllanthe mériterait d’être cultivé pour bordure dans les pays du midi; mais sa transplantation d’est pas sans quelques difficultés.
Observations
Quoique lAphyllanthe soit anciennement connu, on n’en possede aucune bonne description; la figure d’Aubriet, qui fait partie des Institutiones de Lournefort, est excellente, mais la description n’est ni exacte, ni suflisante: la seule qui mérite d’être citée est celle qui a été donnée par M. Salisbury, dans son bel ouvrage intitulé, Paradisus londinensis; mais, somme cet habile observateur n’a pas vu le fruit de notre plante, sa description laissait encore quelque chose à désirer: c’est part ce motif que, placé favorablement pour faire connaître toute la structure de cette plante singulière, j’ai cru devoir en donner une description détaillée.
Si l’on examine avec attention les caracteres de l’Aphyllanthe, on verra que ce genre est de la famille des Joncées et voisine des Luzula, dont il se rapproche par sa capsule a trois graines, et non pas polysperme comme celle des Jones; il en diffère cependant,
- par son périgone de consistance fugace et pétaloide, et dont les lobes sont réunis en tube par leur base;
- par son stigmate à quatre crêtes, dont une centrale et trois latérales.
Le caractère générique de l’Aphyllanthe me parait pouvoir être rédigé de la manière suivante:
Aphyllanthes. Lobel. Tournefort. Lin.—Perigonium petaloideum, sexpartitum, lobis oblongis, basi in tubum conniventibus, supernè patulis, apice brevissimè emarginatis; stamina sex perigonio breviora; ovarium liberum trigonum; stylus filiformis; stigma tetracephalum, lobulis tribus lateralibus sub-patulis, medio terminali trigono-prismatico. Capsula membranacea, trivalvis; valvulis intus medio nervum longitudinalem gerentibus, ab apice dehiscentibus et styli tertiam partem secum auferentibus; semina tria, ovata, ad basin nervi medii valvularum inserta; embryo cylindricus erectus intra albumem carnosum.-Herba perennis sub-aphylla; caulis teres subnudus apice 1–2 florus; bracteæ plurima rufa scariosa arctè florem cingentes.
La manière dont s’opère la déhiscence de la capsule de l’Aphyllanthe prouve manifestement que la matière fecon-dante qui se dépose sur les stigmates suit les vaisseaux du style, puis les nervures des valves, pour atteindre la graine située à leur base; par conséquent les cordes pistillaires y sont marginales et non centrales: la même chose a lieu dans tous les genres qui forment réellement partie de la famille des Joncées, et c’est-là, dans mon opinion, le caractère essentiel qui distingue les Joncées de toutes les autres Liliacées.
Si l’on considère la manière dont la base du style se fend en trois parties après la fleuraison, et la forme extraordinaire de ce stigmate à quatre lobes, on en conclura, je pense, avec moi, que le style de l’Aphyllanthe doit être considéré comme compose de telit suries enemble et dernines act pare etient a deux eres indales, forme le mamelon central: cette soudure des styles partiels en un style unique est un phénomène beaucoup plus fréquent dans la nature qu’on ne le pense. J’ai déjà eu occasion d’en parler dans ma Théorie élementaire de la Botanique, pag. 111 et suiv.
Les styles de l’Aphyllanthe paraissent, d’après ce que je viens de dire, terminés par un stigmate à deux lèvres; ce caractère ne se retrouve, parmi les Endogènes analogues, que dans les Iridées, et ce n’est pas ici le seul rapport qu’on pourrait établir entre les Iridées et les Joncées; les feuilles de l’Abama et même celles de l’Aphyllanthe ont quelques rapports avec celles des Iridées par leur manière d’engainer la tige.
D. C.
Explication de la planche
La Plante de grandeur naturelle.
- Les bractées extérieures.
- Les bractées extérieures.
- Les bractées moyennes.
- Les bractées moyennes.
- Les bractées interieures.
- Les bractées interieures.
- Les bractées interieures.
- Le périgone outvert et étalé, avec les étamines.
- Deux étamines.
- Le pistil.
Fam. des Joncs. Juss.—Hexandrie trygynie. Lin.
- Aphyllanthes Monspeliensis. Lin. Spec. 422. Gouan. hort. Monsp. 165. Flor. 305. Vill. dauph. 2. p. 243. Lam. Dict. 4. p. 599. Illustr. 1. 252. Willd. Spec. 2. p. 53. Desfont. Fl. atl. 1. p. 285. All. ped. 2. p. 165. Decand. Flor. Franç. 3. p. 170. Syn. n. 1851. Lapeyr. pyr. 178. Salisb. parad. lond. ic.
- Aphyllanthes Monspeliensium. Lob. adv. 190. ic. Icon, surp. 454. f. 2. J. Bauh. hist. 3. p. 336. ic. Tournef. inst. 657. t. 430. Garid. aix. 36.
- Aphyllanthes. Lin. hort. Cliff. 493. Sauv. meth. 8. Ger. gallopr. 142.
- Cariophyllus cæruleus Monspeliensium. Bauh. pin. 209. Moris. hist. 2. p. 562. sect. 5. t. 25. f. 12. Magn. botan. Monsp. 53. tab. ic. 284.
- Cariophylleus flos aphyllocaulos minimus Monspeliensium. Chabr. sciag. 442. ic.